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Ne pas se laisser pétrifier par la neige qui tombe lentement chaque jour…

Oublier la mémoire… De la Commune

On dit que l’âge d’un homme c’est entre 80 et 90 ans environ; puis on enterre celui-ci, ou on le brûle puis on l’ oublie… La mémoire, c’est ça, ce petit exercice qui ne s’exerce plus. Ainsi la Commune…

Quoique… Je viens de découvrir qu’il en est, par chez moi, qui aiment à se rappeler avec persistance jusqu’à en faire un livret, qu’il y a 150 ans, gouvernait un monsieur Thiers Adolphe (que j’ai la tristesse immense de trouver dans ma généalogie) qui a sa rue dans ma commune:BOUC-BEL-AIR ( avec tirets s’il-vous-plaît depuis que l’a signé Fallières en 1907!)

Bref, Thiers né à Bouc, pas né à Bouc ( la différence, dites-moi?); et parler de lui juste cette année, quelle outrecuidance!

J’ai trouvé dans la cave de mon grand-père le prix du certificat d’études de celui-ci daté de 1902. Sérieux et tout, le bouquin avec l’estampille de l’Éducation Nationale ( vous remarquerez que je mets des majuscules car j’ai servi la grande dame laïque plus de 40 ans); le livre s’intitule Paris sous les obus. 17 septembre 1870-3 mars 1871, d’un certain A.J Dalsème, daté du 1er mars 1898. Tout frais en somme, 27 ans après la commune et relatant des faits qui se sont déroulés juste 17 jours avant la Commune de Paris= intéressant, cet éclairage sur les tergiversations pour une armistice que la Commune ne pardonnera pas!

La Commune de Paris, commencée un 18 mars, fut génératrice de tant de choses bonnes, la laïcité, les lois d’égalité, le féminisme… Elle fut écrasée( on veut l’ignorer ou quoi?) fin mai1871, par le président de la république, Adolphe Thiers, qui envoya la troupe; rien que ça, le sang versé . Ça s’oublie des choses pareilles? Adolphe Thiers, il mérite un livre?

(Extrait du Télérama ci-dessous.)

C’est cela la mémoire. Perso, rien à faire que le sieur Thiers soit né dans mon village. La gloriole, pas mon truc; le respect de l’homme, oui! Mais sûrement pas de celui -là!

Dans notre France , on passe son temps à occulter l’évidence. Il y a de ces détails énormes de l’histoire qui restent en travers du souvenir, comme ces garces d’arêtes de rascasse, dans la gorge… Je ramone, moi?

Une voix…

Un 28 mars, comme celui qui vient, une femme s’est acheminée vers la rivière en crue, des pierres plein les poches. C’était il ya 80 ans, Virginia Woolf. Elle avait 59 ans.

Une oeuvre qui se lit toute une vie, comme celle de Proust; à petites gorgées.

La dame était singulière , atteinte de démons variés et agressée par la bi-polarité. On la perçoit bourgeoise, éthérée, mais, alors, c’est qu’on n’a pas lu ses livres. La traversée des apparences, une pièce à soi, Mrs Dalloway, la promenade au phare…et tant d’autres. Qui disent sa colère sur l’inégalité ou sur la guerre qui est là avec le Blitz.

Née en 1882 dans une Angleterre rigide ( règne de la reine Victoria), elle est touchée par les morts successives qui la déstabilisent jeune, la mère , le père, la soeur, le frère… La mort la hante. Il y a aussi ce que l’on sait dire aujourd’hui, l’atteinte dans son corps de 7 ans portée par un plus grand de la famille… Et ce sentiment de dualité permanent… Homme, femme, les deux.

Une oeuvre ouvragée aux mots justes, à la poésie sûre, à l’ampleur qui ne laisse jamais indifférent. Relire Virginia Woolf, c’est revisiter l’histoire d’une Angleterre pas si lointaine dans le temps et dans l’espace.

Une grande, assurément que je relis avec un plaisir à deux têtes; celle qui me renvoie aux études, celle qui, par le souvenir des mots, me fait déguster une gourmandise.

Ils s’en vont, quittent la route; leurs chaussures sont usées…

Ils étaient nos aînés, ceux qui partaient et puis il y en a eu de moins âgés; aujourd’hui ils sont de notre âge, ceux qui s’en vont. Ils n’ont rien dit, pourquoi l’auraient-ils fait; vous le criez sur les toits, vous quand vous êtes malades? On cherche un coin calme pour s’habituer au minuscule; je ne dis pas petitesse, le mot est réservé à d’autres qui ont toujours été petits et le sont encore même s’ils ne courent plus les rues en ce moment de grande viralité; au minuscule, la fin de vie, quoi. Longue introduction pour penser à eux avec tendresse… À Georges Pernoud qui m’a fait connaître St Kilda, là-haut, très-haut, une île qui vit dans un de mes livres. Pernoud et son sourire clair, de ces sourires qui nous font penser que le bonheur, c’est tous les jours. Et puis hier, Jean-Pierre Bacri; paf! À sa dégaine, à son dégoût affirmé pour les choses pesantes et inutiles et pour l’imbécillité ambiante, on pensait qu’il durerait toujours, comme ça à nous dire de ne plus supporter les insupportables… il n’y a pas si longtemps, c’était Anne Sylvestre qui s’en allait- le mot est joli qui confond la mort avec une balade… Anne qui voyait tout avant nous… Si on l’avait connue jeune, on l’aurait placée dans nos dissert’ tellement son jugement était juste et son amour immense… Brasseur aussi au sourire rusé et à la voix usée… Tous ces maîtres de la dérision qui ont semé leurs cailloux de Poucet sur le petit chemin qui est le nôtre.

Gens que je n’ai caressés que de loin mais qui s’étaient plantés un matin devant ma table, je vous ai aimés… vraiment…

Era(s)mus*, pfff…..

Pas dommage ça…

En 2010, je prenais ma retraite de prof d’anglais, en 2020, je me détache d’un pays qui ne veut plus faire évoluer nos jeunes…Je l’aimais à la folie, cette terre attachante où je n’ai connu que des gens charmants qui m’avaient acceptée les bras ouverts…

Nous nous échinions à faire apprendre à nos petits la langue anglaise, subtile et difficile d’approche, mais l’aide que l’on avait en expédiant nos grands ados, là-haut était de taille et nous avions cet objectif pour ceux qui en voulaient plus… le lycée international, 3 mois, puis 6 en terre anglo saxonne ; enfin Erasmus, qui couronnait le tout…

Je n’ai pas l’amour vache car Albion est Albion, ses terres, ses contrées, ses contés, ses différences, son histoire, sa littérature, son cottage cheese, sa clotted cream, ses muffins, ses crumpets, ses scones, son cottage cheese, son stilton, ses…, sa…, son…, non pas vache, mon amour pour elle, mais il est tellement bouleversé, cet amour que, si j’étais plus jeune, je le tromperais, The UK, avec un pays d’Europe!

Quoique.. c’est déjà fait, L’Italie est là à ma porte qui me tend les bras…

Mais quand même, Erasmus, ça me dévisse le moral! Le Brexit est la mauvaise volonté de quelques hommes; qu’en pensent tous mes amis que j’ai chèrement aimés et continue à le faire. À diviser, c’est bientôt l’Écosse qui va demander son indépendance, mais alors le petit père Donne* va se retourner dans sa vieille tombe, lui qui m’avait enseigné que personne n’est une île en soi mais une partie du tout et qu’il fallait rester groupés, comme dans nos trips… en Angleterre justement!

Pssst…notions:

Albion= The Uk = le Royaume uni= L’Angleterre, l’Irlande du nord, le pays de Galles et l’Écosse

  • John Donne, 1572-1641

No man is an island, Entire of itself; Every man is a piece of the continent, A part of the main. If a clod be washed away by the sea, Europe is the less, As well as if a promontory were: As well as if a manor of thy friend’s. Or of thine own were. Any man’s death diminishes me, Because I am involved in mankind.

Personne n’est un île à lui seul mais une partie du tout, un morceau du continent. Si un bout de terre se détache emporté par la mer, l’Europe est ce morceau de terre et alors c’est comme si un promontoire se détachait, si c’était la maison d’un ami qui se détachait, , la tienne peut-être aussi. La mort d’un homme me diminue parce que je fais partout du tout . Alors ne nous demandons pas pour qui sonne le glas, il sonne aussi pour nous.

  • Eramus en latin= nous étions ( passé!!!); allusion au programme d’échanges universitaires ERASMUS entre pays d’Europe. Du nom de Érasme, figure emblématique de la culture européenne.
Article mis en avant

Filles-années 60

Elles sont à l’identique sous l’uniforme: mini jupe mais pas trop, cheveux dans les yeux, dégaine nonchalante, mais pas trop… Tout est haïssable surtout les mots en con…finissant en tion qui fleurissent pour nous embêter: contention, convention, contravention, convolution, contrition, conception… nous on aime ceux qui commencent par contre, contraception justement; des aînées s’échinent à l’obtenir de ceux qui, hommes vieillissant, s’y opposent en circonlocutions qui n’en finissent pas …

Filles-années soixante, grand-mères d’aujourd’hui aux petites-filles libérées, qui vont maintenant jusqu’à haïr les hommes d’une force inouïe, cela s’appelle de la misandrie. Alors là, grand-mère que je suis, je m’insurge… Nous, on les aimait, les hommes; les nénettes, dites-moi ce qui s’est passé entre deux temps?

Avant… Avent…

Le temps de l’Avent est avancé, il reste 12 jours. Avant nous écoutions toujours ce choral…

Le choral du veilleur

Le temps de l’Avent marquait toujours le début des répétitions.

Dès la fin du repas, il repartait à La Madeleine et là, dans l’ombre sépulcrale de

son espace limité, il s’acharnait sur les jeux, retravaillant la phrase encore et

encore. Le quotidien des douleurs et celui bien plus grand des désillusions

s’effaçait quand Bach lui parlait et il semblait que leur complicité nous chassait

de cette bulle sonore.

Samedi, au milieu des cris du marché des Prêcheurs, je me suis glissée dans son

antre. Je ne suis pas montée vers lui pour mieux saisir d’en-bas la rondeur du

choral, en percevoir la mécanique subtile.

Engranger aussi le sautillement des notes, leurs magiques entrelacs.

En le murmurant ce matin, le choral, les premières mesures s’écoulaient,

hésitantes.

sib mib fasol solfa fab sol sib lab solmib fa fab sol remib

Je voyais bien maintenant où il fallait se préparer à lui tourner la page et je

saisissais mieux en risquant un regard oblique vers lui, le moment où le phrasé

ne le satisfaisait plus. Il le sollicitait autant de fois que sa rigueur le lui imposait

et Bach veillait dans l’atmosphère glacée de décembre. La pièce musicale

résumait tous les hivers de l’enfance, là-haut dans l’Est, puis ceux de Provence

à peine moins givrés.

Car, même Aix est froid.

Et terriblement humide en hiver. Ici, pas de vent pourtant, ou si peu. Différente

de l’Arles des années de sa jeunesse à elle où soufflait le long des quais du

fleuve le redoutable mistral qui léchait le Rhône pour s’infiltrer si vite dans la

ville figée. De mémoire, les pierres de la Major, qui domine le fleuve,

enseignaient au corps, qui s’attardait dans ce lieu pour l’annuel concert des

Noëls d’alors, une préparation matérielle du caveau qui l’attend.

Le choral me ramenait aussi à Sainte Claire où, il ne faisait presque plus froid

tant notre être crispé en souffrait quotidiennement, tant nous étions LE FROID

même !

On nous y avait oubliés, objets dérisoires de l’étude psychiatrique…

À Aix, la pétrification s’élabore par couches glacées qui s’incrustent en strates

patelines sous le manteau épais et jusque dans les bottes fourrées du grand

hiver.

Dans l’église de La Madeleine, Beau-père, le froid de décembre devenait

supportable quand, le dimanche, aux vêpres, vous égreniez ces chorals de Noël

pour un public réduit, mais qui savait faire la trêve des préoccupations

matérielles des fêtes ; et ce public appréciait l’offrande de ces moments

précieux.

– Jacques, sois là pour les jeux ; relis ta partition, tu hésites encore quand j’ai

besoin de toi.

– Pierre, tu as pensé aux programmes ? La couverture ne me plaît pas, mais nous

ferons mieux dimanche prochain. Le nombre est suffisant? Dis à Marie Thé

d’être à l’accueil une demi- heure avant.

– Qui pourra amener Mamée ? Elle tient à son choral du veilleur ; vous savez

bien que Papé le jouait toujours pour Noël à Cravanche, nous le lui devons !

Un accord tacite entre lui et Le Grand Veilleur…

– Babette, monte vite t’asseoir pour le tournement.

Beau-Père…

Je n’ai plus froid, enroulée sur le banc de la travée gauche. Là, seulement là où

on peut capter les phrases cristallines et paisibles, les notes rares qui vont

emplir l’espace, et percevoir, sans pouvoir les retenir, toutes les autres,

redondantes, qui s’échapperont, inutiles, dans l’air frisant des lieux, camouflant

à peine le régulier chuintement de l’orgue.

Petit oiseau en boule, j’attends qu’il me fasse le signe habituel…

– Madame, mais vous dormez ? l’église est en chantier. …Le site est interdit

au public, c’est dangereux ici.

– J’ai rendez-vous pour le concert de demain. Il joue à seize heures trente. Il

m’a confié la clé, je dois l’aider à l’orgue.

– Vous parlez de qui ?

– Monsieur G. joue toujours le choral du veilleur en ce temps de l’année. Il

dit que l’âme engourdie se vivifie à condition que le veilleur la nourrisse et

guette… Venez ! Il a besoin de vous aussi !

– Madame, soyez sensée, Monsieur G. ne vient plus ici depuis longtemps.

Le père M. lui a dédié une messe quand il a su…

Et puis La Madeleine est fermée depuis trois ans…

 Élisabeth Groelly. Décembre 2010. Nouvelle.

À Jean Groelly, mon beau-père.

Bach. Choral BWV 645

Que je vous raconte…

Glacés!

Non, on n’est pas dans la reine des neiges… ( au fait , vous saviez qu ´ILS avaient créé un Monopoly Reine des neiges? Si, si… À la fin de la partie, les petits savent compter les sous , et bien; déjà le système)

Bref, glacés, nous sommes. La glace est là sauf que ce n’est pas l’hiver véritable…

La glace est venue nous pétrifier de l’intérieur, comme ça une année , comme en 42 sur le ladoga en Finlande… Relire l’épisode de Kaputt de Malaparte, livre de 1943… la guerre entre l’Allemagne et les Russes ; pour s’approvisionner à Leningrad, il n’y a plus que le lac Ladoga où on peut acheminer les vivres par camions sur la glace, mais l’ennemi nazi est là, qui bombarde la forêt, y met le feu ; des centaines de chevaux russes se jettent dans le lac; on est fin janvier et… se produit le phénomène de surfusion , la glace qui, dans un milieu aqueux pur, vient d’un coup à moins 40 degrés ; les chevaux sont glacés subitement et d’eux on n’aperçoit plus que des têtes figées aux yeux exorbités qui posent comme statues sur le lac gelé ; mort subite, mort lente…Nous sortirons ce soir peut être d’une période glacée qui a duré quelques mois lents… les yeux fatigués, les mains inutiles, la parole échangée, absente; figés comme sur le Ladoga, un hiver de guerre… Hébétés…

Je ferme… et la ferme…

JE FERME…jusqu’au déconfinement, toutes les cases des réseaux sociaux, comme sont fermés les commerces intelligents..

JE N’EN PEUX PLUS d’une information tronquée, de manipulations éhontées, de politiques altières et complaisantes qui pontifient.

MA TENSION MONTE  dès l’info du matin, qui se complaît dans la misère, se fait des gorges chaudes de crimes, attentats et autres parties de sang.

J’EN AI MA CLAQUE  des guéguerres de chapelles ; la santé d’un homme mérite mieux et demande qu’on le soigne tout de suite, bien et à peu de frais. 

JE PÈTE LES PLOMBS devant les grands de ce monde qui ne font aucun effort pour que les petits de ce monde vivent sur leur carré de choux en paix.

LES BOUTONS ME VIENNENT  sous mon masque « quand je vois vivre entre eux les hommes comme ils font »  Molière, le Misanthrope.1666.

J’ENRAGE  devant la mollesse des choses, la teneur des posts, la crainte qui s’y lit et s’y raconte.

L’ULCÈRE ME REVIENT  devant l’information désinformante et creuse. Le français n’est plus qu’une belle langue  mais pas plus que les autres pourtant.

LA COLÈRE MONTE  devant le complotisme, les histoires à dormir debout, les trucs qu’il faut savoir à tout prix, les prières qu’il faut faire, les collages à partager, les …

LA LASSITUDE  m’atteint au vu de posts affligeants de bêtise ou d’incorrection.

L’INCAPACITE À RÉPONDRE à tous les bisous d’amour, aux phrases philosophiques, aux rêves insensés, aux images soft, qui s’écoulent 50  fois par jour, ME TÉTANISE…

JE PESTE devant ma pauvreté de cœur à trouver de belles images à donner en réponse.

JE SUIS MUETTE  de mots jolis, d’espérance, de foi en l’homme ou de ferveur en quoi que ce soit venant de communautés diverses.

JE N’AI PLUS L’ÂME à apparaître chaque matin sur la toile depuis instagram jusqu’à Facebook. Via what’s up ou Messenger…

J’AI CLOS EN GRANDE COLÈRE les sites marchands  qui se fichent du lien social et de celui qui travaille humblement mais bien en souffrant de mille maux.

MA CONSCIENCE EST MAUVAISE devant les dosettes aluminium de café qui, périmées, mourront au placard.

JE SUIS EFFARÉE DEVANT le pourcentage d’analphabétisme fonctionnel en Europe qui  rend perméable à l’idiotie, la crédulité, la soumission.

JE FERME LA PORTE ET FILE AILLEURS, UN TEMPS, la colère débordant partout fait vieillir ; je veux rester toujours jeune dans ma tête.

PLUS AUCUNE PATIENCE  pour lire les messages, les vidéos, les textes alarmistes et plombants.

PLUS ENVIE  de participer à l’anxiété ambiante.

FAUT QUE JE ME TIRE sinon je ne vais pas m’en tirer… 

BONSOIR !

Soyez bien, vous tous, petits bonshommes comme moi…

Élisabeth, 17 novembre 20

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